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En vous souhaitant une agréable lecture, je vous laisse déguster mes écrits avec une tasse de café, de thé ou de chocolat chaud, des petits biscuits ou toute autre gourmandise à votre choix.

Jocelyne

Sorpion

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Plume

Pour faciliter votre promenade, voici un sommaire des textes publiés (sommaire mis à jour au fur et à mesure) :

Le recueil de Ruby et Thibault – Erotisme

(Ruby et Thibault, un couple passionnément amoureux)

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Recueil de poèmes

Recueil poèmes

Autres poèmes :

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Le recueil d’Eglantine (nouvelles érotiques)

Eglantine

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Textes contemporains

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Autobiographie

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Présentation de quelques-uns de mes romans

Sorpion

Rêve de femme

 

Avec le temps, la routine s’est installée dans leur couple. Un train-train qui agace Stéphanie. 18 heures 30, Patrick rentre du travail et s’installe à l’ordinateur. 19 heures, ils dînent puis elle fait la vaisselle. 20 heures, ils regardent le journal télévisé suivi d’un téléfilm. 23 heures, ils se mettent au lit, font l’amour à la va-vite ; Patrick s’endort aussitôt, après un « Bonne nuit » et une bise sur la joue.

En l’épousant, Stéphanie rêvait d’une vie palpitante. Hélas, au fil des ans, elle a vite déchanté. Oh, il est bosseur, fidèle, ne joue pas, ne boit pas. Mais en sa compagnie, tout est tellement prévisible, même leurs ébats amoureux. Or, Stéphanie n’aspire qu’à être surprise. Elle imagine son mari se transformer en fauve passionné, comme Etienne, l’amant de sa copine Gisèle. Le récit de leurs exploits émoustille régulièrement Stéphanie. Si seulement elle avait rencontré un homme de cette trempe, elle ne serait pas là à se morfondre dans son lit comme tous les soirs.

Tour à tour maîtresse dominatrice ou esclave soumise, elle vivrait des moments de tendresse, d’excitation, d’extase, de jouissance. Une main soulignerait la courbe de sa silhouette, effleurerait sa poitrine puis deux bras la feraient rouler sur le corps de son partenaire. Cet homme affolerait ses sens par ses caresses et ses baisers enflammés. Leurs corps ne feraient plus qu’un, emboîtés l’un dans l’autre, remuant au rythme de leur désir, du plaisir éprouvé. Leurs gémissements de bonheur exquis se mêleraient, leurs bouches se dévoreraient. Et quand la vague finale les aurait submergés, ils s’endormiraient ensemble, repus, blottis l’un contre l’autre, se murmurant des mots tendres.

Avec le temps, les rêves coquins de Stéphanie ne sont jamais devenus réalité… A qui la faute ?

 

(octobre 2016)

 

J’ai écrit ce texte dans le cadre d’un défi. Enoncé : L’idée est de commencer votre texte, poème ou autre, par ces trois mots : Avec le temps…

 

 

Sorpion

 

Moment divin

 

Baisers ardents

Caresses de velours

Lumière à contre-jour

Cœurs fondants

 

Mains entrelacées

Langues mariées

Corps frémissants

Délicieux instant

 

Bouches fusionnées

Sens éveillés

Peau parfumée

Volupté assurée

 

Bonheur absolu

Moment exquis

Cœurs conquis

Temps suspendu.

 

 

 

(9 avril 2017)

 

 

Sorpion

 

 

Rendez-vous secret

 

 

 

 

Vingt heures !

J’ai rendez-vous avec lui.

Tous les soirs, à la même heure,

A la tombée de la nuit.

Un rendez-vous secret.

Il est là, accoudé,

Mon bel inconnu.

Je l’observe, amusée,

De l’autre côté de la rue.

Je devine ses prunelles noires

Cherchant mon reflet miroir.

Puis nos yeux s’enlacent avec malice.

Aucun mot échangé

Mais des sourires en esquisse,

Des regards énamourés.

Sa cigarette consumée,

Clin d’œil coquin,

Il ferme ses volets couleur sapin.

Au revoir, cher voisin,

Et à demain !

 

 

 

(8 avril 2017)

 

 

Sorpion

 

Retour sur le passé

 

Rose déteste prendre le train. Elle en garde de mauvais souvenirs d’enfance lorsque la famille partait en vacances. Elle revoit sa mère s’agitant dans tous les sens, vérifiant moult fois le contenu des valises, s’assurant que les compteurs d’eau, de gaz et d’électricité avaient été fermés, que les billets se trouvaient bien dans son sac à main. La peur de rater le train chevillée au corps, Madame Bagliano imposait d’arriver une heure à l’avance à la gare. Avant de monter à l’intérieur du wagon, elle contrôlait à plusieurs reprises la direction indiquée sur les panneaux ainsi que le numéro du compartiment et des places. Elle avait communiqué ses craintes à Rose qui, chaque fois qu’elle prenait le train, revivait les angoisses de sa mère.

Le seul souvenir amusant de la sexagénaire est ce jour où le réveil, rangé dans l’un des bagages, s’était déclenché sur le quai. Monsieur Bagliano et les enfants avaient éclaté de rire tandis que la mère de famille, affolée, tentait de dénicher le trouble-fête pour le faire taire.

Pendant que le paysage défile derrière la vitre, Rose feuillette distraitement le magazine Psychologies acheté au kiosque, laissant flâner son regard sur les autres passagers. Soudain, ses prunelles se figent, son cœur tressaute.

Ses cheveux sont devenus blancs, il a vieilli, tout comme elle, mais c’est bien lui. Elle le reconnaîtrait entre mille. Maxime, le seul homme qu’elle a vraiment aimé. Il a conservé ce magnétisme qui émane naturellement de lui, ses yeux de braise et son sourire charmeur. Malheureusement, ce sourire ne s’adresse plus à elle mais à la femme assise à ses côtés, qu’il dévore amoureusement du regard.

Dévidant le film de leur relation passée, Rose songe à leur rencontre au parc de la Tête d’Or où elle se promenait avec son neveu alors âgé de quelques mois. Chacun perdu dans ses pensées, ils s’étaient télescopés. Après les excuses d’usage et un fou rire mémorable, ils avaient discuté, faisant plus ample connaissance, avaient échangé leurs numéros de téléphone et s’étaient séparés. Maxime l’avait appelée, ils s’étaient revus. Elle se souvient de leur premier baiser devant la fontaine Bartholdi, place des Terreaux.

Au fur et à mesure, Rose revit les moments les plus intenses puis la rupture. Refusant de s’engager, Maxime avait accepté la mutation offerte par son entreprise à New York. Ils avaient gardé le contact quelques mois, jusqu’au jour où elle avait reçu cette lettre de rupture. Maxime avait rencontré quelqu’un d’autre. Ses rêves anéantis, Rose avait plongé dans les profondeurs de l’abîme avant de remonter difficilement à la surface.

Le temps passant, elle a réussi à le ranger dans les tiroirs de sa mémoire, pensant parfois à lui avec nostalgie. Pourquoi ressurgit-il maintenant ? Songe-t-il à elle de temps à autre ?

Rose détourne le regard et tente de s’absorber dans la lecture de son magazine en jetant de furtifs coups d’œil sur l’homme assis à proximité qui, malgré les années écoulées, continue de faire battre son cœur.

Le train ralentit. La sexagénaire rassemble ses affaires, récupère sa valise dans le filet et, d’un pas aussi assuré que possible, remonte le couloir. Lorsqu’elle arrive à hauteur de Maxime, celui-ci lève les yeux, leurs regards se croisent. Dans l’expression de son visage, dans ses prunelles, Rose lit une interrogation, une hésitation. Elle sourit et poursuit son chemin. A l’arrêt, elle ouvre la porte, descend les marches et avance sur le quai, bousculée par des voyageurs pressés. Quand le train s’ébranle, elle reste immobile, le suivant du regard.

Dans le huis-clos d’un wagon, Rose vient de vivre le plus douloureux des voyages. Elle déteste prendre le train !

 

 

(9 janvier 2017)

 

J’ai écrit ce texte dans le cadre d’un défi. Enoncé : L’idée est de décrire une histoire qui a pour décor un train.

 

 

Sorpion

 

 

Ma renaissance

 

 

 

Longtemps vivante à l’extérieur

Mais morte à l’intérieur.

Combat dangereux et laborieux

Parcours douloureux et tortueux.

Je suis tombée, me suis relevée,

Suis retombée, pour mieux me relever.

Sur ce chemin périlleux,

J’ai rencontré des gens merveilleux

Qui m’ont aimée, épaulée, accompagnée,

Encouragée, comprise, rassurée.

Toutes ces mains tendues,

Ces oreilles qui m’ont entendue,

M’ont apprivoisée,

Aidée à avancer,

A me reconstruire,

Me découvrir.

Aujourd’hui, j’ai retrouvé mon âme.

Je suis une femme,

Une femme libre et libérée.

Une femme qui renaît.

 

(7 avril 2017)

 

 

Sorpion

 

L’inconnu du parc

 

 

Exaspérée, Eglantine rabat l’écran de son ordinateur portable. Sans qu’elle en comprenne la raison, l’inspiration la fuit depuis quelques jours. Elle écrit trois lignes, les efface, recommence, supprime de nouveau. De guerre lasse, la quinquagénaire a éteint l’appareil.

« Je vais aller faire un tour au parc ; ça me changera les idées ! »

Le parc, c’est le parc de la Tête d’Or… L’un des plus beaux de France, situé au cœur de Lyon, construit au 19e siècle afin “d’offrir la campagne à ceux qui n’en ont pas”, selon la volonté du préfet Vaïsse. Il abrite des espaces très variés : un jardin botanique, un zoo, la plaine africaine, des serres, une roseraie, l’île des Cygnes, un vélodrome, etc.

Le parc tire son nom d’une légende selon laquelle une tête de Christ en or aurait été dissimulée sous terre. En creusant le lac, des canuts l’auraient découverte et se seraient battus pour s’en emparer. Émue par ce triste spectacle, la tête du Christ aurait fondu en larmes, remplissant ainsi le lac.

Après avoir déambulé dans les allées bordées d’arbres centenaires, Eglantine s’installe sur un banc, extirpe de son sac à main le carnet et le stylo qui ne la quittent jamais, et observe les alentours. Son regard croise alors celui de l’homme assis sur le banc voisin. La quarantaine, brun, teint hâlé, des iris verts. Il lui adresse un sourire qui la fait littéralement fondre.

« Wahou ! Ça existe des mecs aussi canon ?! »

Troublée, Eglantine détourne les yeux pour les plonger sur ses feuillets vierges. Elle fait semblant d’écrire puis contemple de nouveau l’inconnu à la dérobée. Elle note le maximum de renseignements sur ses gestes, ses vêtements, son attitude, son physique, avant de les retranscrire sur le papier.

« Je tiens mon personnage masculin ! »

Lorsqu’elle relève la tête de son carnet, l’homme a quitté son banc. Il passe devant elle, et, avec un sourire désarmant, à chavirer les sens, lui lance « Bonne fin de journée ! ». Incapable d’articuler le moindre mot, Eglantine lui réciproque un sourire timide puis le regarde s’éloigner en admirant ses jolies fesses moulées dans un jean noir.

« Je crois que j’ai trouvé ma nouvelle histoire ! J’ai eu raison de venir ici. »

Eglantine rentre chez elle et se met au travail, visualisant la scène avec précision.

Kristen s’installa sur un banc, sortit son livre de son sac à main et, avant de plonger dans sa lecture, observa les alentours. Sur le banc voisin, un homme. La quarantaine, brun, teint hâlé, sexy. Leurs regards se croisèrent. Kristen découvrit de magnifiques iris verts. L’inconnu lui adressa un sourire engageant qui la fit littéralement fondre. Troublée, Kristen détourna les yeux et s’absorba dans l’ouvrage qu’elle tenait entre les mains. Malheureusement, elle ne parvenait pas à lire une seule ligne. Distraite, elle contemplait furtivement l’inconnu. Amusé, celui-ci quitta son banc et s’approcha.

— Bonjour ! Belle journée, n’est-ce pas ?

— Oui.

— Vous venez souvent ici ?

— Parfois.

— Je vous dérange, peut-être ? Excusez-moi, je…

L’homme commença à s’éloigner.

— Attendez !

Le beau brun revint sur ses pas.

— Oui ?

— Désolée, je n’ai pas été très polie avec vous.

Elle lui tendit la main.

— Kristen.

— Sullivan, répondit-il en glissant sa paume dans la sienne. Que fait une si jolie femme toute seule au parc ?

La quinquagénaire rougit.

— Flatteur !

— Je ne dis que la vérité. Mes yeux voient une belle femme en face de moi.

Devant le compliment, Kristen laissa échapper son livre. Sullivan se baissa, le ramassa et s’assit près d’elle. Des frissons parcoururent le corps de la Lyonnaise. Des effluves boisées ensorcelèrent agréablement ses narines. Son regard se noya dans le vert intense de son voisin de banc. Innocemment, sans la quitter des yeux, son sourire charmeur aux lèvres, Sullivan étendit son bras sur le dossier en bois derrière Kristen dont le corps frémit tandis que son rythme cardiaque s’accélérait.

L’œil coquin de Sullivan observa le léger décolleté de la femme alors que son bras glissait sur l’épaule de la Lyonnaise, déclenchant de nouveaux frissons. Raffermissant son étreinte, les yeux fixés sur ses lèvres, l’homme susurra d’une voix chaude et sensuelle « Vous me plaisez ». Kristen leva la tête vers lui ; la bouche de Sullivan s’avança et effleura celle de la quinquagénaire ; sa langue se hasarda à l’intérieur, s’engloutit, s’enlisa, en un profond baiser, passionnément partagé. Les sens de Kristen s’affolèrent, les caresses de Sullivan se firent plus pressantes. Il était à la fois doux, tendre et fougueux. Et terriblement séduisant !

Kristen n’était pas habituée à succomber aux charmes d’un inconnu, et encore moins à un homme plus jeune qu’elle. Mais Sullivan avait un je-ne-sais-quoi d’extrêmement attirant. Elle lui rendit ses baisers et ses caresses. A travers le jean noir, sa main se faufila sur la verge qu’elle sentit raide et dressée. Le désir de lui mouilla sa chatte, gonfla son clitoris. Prête à s’abandonner, elle redescendit soudainement sur terre lorsqu’elle l’entendit prononcer : « Désolé, je n’ai pas le temps, faut que j’aille récupérer ma femme chez le coiffeur. »

Furieuse, Kristen le gifla violemment avant de se lever brusquement.

— Vous n’êtes qu’un goujat !

Elle saisit vivement son sac à main et tourna les talons.

— Attendez !

Sullivan attrapa son poignet et, se frottant la joue, s’excusa.

— Pardonnez-moi, j’ai été très maladroit. Vous me plaisez vraiment. J’ai vraiment envie de vous mais…

— Vous devez rejoindre votre femme ! Je sais !

— Ma femme et moi, on ne s’entend plus…

— Ouais, j’ai déjà entendu ce refrain !

— Je vous assure que c’est la vérité !

—Et parce que vous ne vous entendez plus, vous sautez sur les femmes seules ?

— Ce n’est pas dans mes habitudes. Mais quand je vous ai vue, je…

— Vous vous êtes dit : l’occasion est trop belle !

— Non ! Je vous trouve vraiment désirable.

Sur les traits de Kristen se dessina un sourire moqueur.

— Bien tenté, mais je vous crois pas une seconde !

— Vous avez un stylo sur vous ?

— Euh… oui.

— Vous pouvez me le prêter ?

Surprise, la femme obtempéra quand même. Sullivan saisit sa main. Sur sa paume, il inscrivit un numéro de portable.

— Je vous laisse décider si vous voulez me revoir ou pas. J’espère que vous prendrez la bonne décision.

Estomaquée, Kristen répondit :

— N’y comptez pas trop ! Au revoir, Sullivan !

— Au revoir, Kristen, et j’espère à bientôt.

La quinquagénaire s’éloigna. Quand elle fut hors de portée, elle regarda sa main, caressa tendrement les chiffres indiqués et, attendrie, embrassa sa paume sur laquelle persistait la douceur des doigts de son inconnu.

Rentrée chez elle, elle inséra le numéro de Sullivan dans sa liste de contacts.

« On sait jamais, ça peut toujours servir… »

Imprégnée de ses baisers sur ses lèvres, de ses mains sur son corps, Kristen ne savait pas si elle oserait relancer le beau brun. Néanmoins, elle souhaitait conserver ce souvenir. Le souvenir d’un inconnu dans le regard duquel, l’espace d’un instant, elle s’était sentie désirable.

 

Eglantine se recule, s’adosse à son fauteuil, satisfaite du chapitre qu’elle vient d’écrire. Quel destin réservera-elle à ce couple ? Elle l’ignore encore.

 

 

(19 mars 2017)

Sorpion